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"Le point de croissance qui nous manque"

Quelles doivent être les propriétés macroéconomiques d’un pays moderne ?

publié par Markss, le lundi 23 juillet 2007

Dans son discours du 20 juin, Sarkozy a fixé les objectifs de sa politique économique. Il a déclaré "vouloir aller chercher le point de croissance qui nous manque", cette expression ayant été reprise par Fillon dans son discours de politique générale. Mais concrètement, que représente un point de croissance ?

Disclaimer : cet article qui devait être un simple exercice de comptabilité de la croissance est devenu une analyse ambitieuse, peut-être un peu trop par rapport à mes capacités, de ses leviers. J’espère que vous n’hésiterez pas à me signaler toute erreur dans les statistiques présentées et leur interprétation.

L’importance de la croissance semble évidente pour tout le monde. Pourtant, les économistes s’y sont intéressés assez tardivement. L’idée était que ses mécanismes étaient trop simples, ou du moins hors du champ de l’économie : dans cette perspective, le progrès technique, principal moteur de la croissance (depuis la Révolution industrielle) est uniquement dû aux avancées des sciences, qui ne reposerait pas sur des incitations économiques. La seconde raison, c’est qu’après la dépression des années 1930, la réponse que fut la macroéconomie keynésienne s’est concentrée sur le problème de court terme que constituait ce genre de crises. Le courant de la croissance endogène remet en cause ces deux idées depuis les années 1990 : le progrès technique est vu comme endogène aux processus économiques, et il met au centre l’étude du long terme.

Une fois n’est pas coutume cet article vise moins à critiquer qui que ce soit qu’à faire une explication de texte très simple à partir d’un calcul trivial. Dans la deuxième partie, je décris les leviers possibles pour une politique de la croissance, toujours en suivant plus ou moins les mesures proposées par Fillon.

Les effets quantitatifs de la croissance de long terme

Peut-être est-ce évident pour tout le monde, mais il n’est pas inutile de rappeler un petit calcul simple pour se rendre compte d’à quel point le passage d’une croissance de 2% à 3% est important dans le long terme. Le PIB de la France était pour l’année 2006 de 1792 Milliards € selon l’INSEE (Comptes de la nation, 2006). S’il croit de 2,2 %, il passera en 2007 à 1831 M€. De 3,2 %, ce serait à 1845 M€. Pas grande différence, pas de quoi fouetter un chat et anaphoriser à outrance. En fait, l’importance de ce chiffre émerge dans le long terme. Si nous connaissons 30 ans de croissance à 2,2 % selon la moyenne qu’elle a connu depuis les années 1980, notre PIB dans 30 ans sera de 3442 M€. Soit près de deux fois plus qu’aujourd’hui. Supposons que nos politiques aillent chercher ce célèbre point, et que la croissance passe à 3,2 sous la présidence de Sarkozy. On voit tout de suite l’effet cumulatif puissant. Sur 30 ans, le PIB sera alors 2,5 fois plus que celui que nous avons ! Une différence gigantesque de notre notre niveau de vie, en trente ans, entre ces deux scénarios : la moitié de ce que nous produisons aujourd’hui. Une autre manière de voir les choses, proposée par Robert Barro et Xavier Sala-i-Martin [1] est de calculer le temps qu’il faut à un pays pour doubler son niveau de vie. Avec 2,2 de croissance, ce sera en 31,8 années ; avec 3,2 c’est 22 ans. Dans la période dorée de la croissance, c’est-à-dire les trente glorieuses, avec une moyenne de 4,6% sur vingt-vinq ans, le niveau de vie nos parents augmenta de 4,5 en 26 ans. Pas étonnant donc que la mémoire collective se représente cette période avec nostalgie.

Que tirer de cela ? Que dans le long terme, la croissance est plus importante que le niveau de départ. Qu’en effet, les politiques d’ajustement du cycle sont de second ordre quand on regarde les choses sous cet angle (ce qui n’empêche pas qu’il soit meilleur de se protéger contre les crises). Quelles sont les principaux leviers politiques qui sont alors à prendre en compte ?

Que peut faire l’Etat pour "aller chercher" la croissance ?

Philippe Aghion, professeur à Harvard, qui a renouvellé l’approche schumpétérienne de la croissance, propose dans un excellent texte synthétique coécrit avec Anne-Laure Piganeau et paru au moment de la campagne ce qu’il croit être les quatre enjeux majeurs. Coup de bol, trois sont présents dans le discours de Fillon. Comme souvent, le diable est dans les détails et les réformes proposées par le gouvernement ne vont pas toujours dans le sens attendu. Mais je préfère exposer ici les grands enjeux.

1. Stimuler l’activité entrepreneuriale et l’innovation

Les principaux créateurs de valeur et de croissance sont les entrepreneurs. L’innovation technologique, mais aussi organisationnelle sont importantes, et permettent de produire plus efficacement, de satisfaire de nouveaux consommateurs... La technologie joue néanmoins le rôle central. Le rôle de l’Etat est ici de stimuler les dépenses de Recherche et Développement par des mesures fiscales, par un renforcement de la proximité université/industrie, par une protection raisonnable de la propriété intellectuelle, par la création de clusters, et bien sûr par la formation de davantage de chercheurs, ce qui sera mon quatrième point. Pour en revenir au projet de notre gouvernement, augmenter les dépenses de R&D est un impératif majeur pour améliorer la croissance, et ces dépenses sont notablement inférieures à celles des autres pays.

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Ce graphique montre les dépenses en R&D dans les pays de l’OCDE (source : OCDE), montrant que la France est en dessous de la moyenne. Evidemment, on peut voir que la causalité n’est pas directe, puisque le Royaume-Uni est aussi en dessous, pour une croissance plus dynamique. Néanmoins, l’objectif de parvenir à 3% est tout à fait pertinent pour arriver à un niveau similaire à celui des pays nordiques, dont la croissance s’appuie largement sur un progrès technique dynamique. J’ajoute deux remarques à ce point. Le discours de Fillon fait un peu comme si l’Etat était en mesure d’induire à lui seul ce gain d’un demi point de part de la R&D, alors que la France est déjà un des pays qui finance la plus grande partie de sa recherche sur des fonds publics. Les solutions pour que les entreprises s’y mettent sont beaucoup plus complexes. Elles reposent sur des mécanismes de marché dont je parle en deuxième point, des relations entre firmes (une des causes avancées de l’échec fréquent des PME innovantes est la frilosité des grandes entreprises à prendre des risques et adopter des nouvelles pratiques), l’encadement juridique, etc. Ma deuxième remarque porte sur une des critiques que fait souvent Olivier Bouba-Olga à ce genre d’approche : cela restreindrait notre vision de l’innovation d’une part à celle par produit alors que celles par procédés et organisationnelle sont aussi importantes, et d’autre part à la haute technologie alors que les industries peu intensives en technologie peuvent tout autant créer de la valeur en innovant. Je suis d’accord avec lui, à la nuance que si l’on fait un minimum confiance au marché, on pense que le profit tiré de ce deuxième type d’innovation peut être plus facilement approprié et donc n’a pas besoin que l’Etat y intervienne.

2. La concurrence sur le marché des produits

Bien moins connue et grande absente du discours des hommes politiques, c’est sans doute un des facteurs importants de l’anémie de la croissance française. Un travail récent de Philippe Askénazy et Katia Weidenfeld (pdf) montre que la loi Raffarin de 1996 sur la grande distribution a considérablement réduit la concurrence sans avoir les effets attendus de sauvegarde des petits commerces. En protégeant les insiders, on interdit à des nouveaux entrants d’introduire leurs innovations. Aghion a montré dans des travaux théoriques importants, puis empiriquement en collaboration avec Rachel Griffith, que le niveau d’innovation prenait une forme de cloche en fonction de la concurrence : pas assez de concurrence et les insiders se reposent sur leur oligopole sans avoir de pression du marché, trop de concurrence et personne n’accepte subir les coûts de l’innovation de peur de se faire enlever le marché juste après par de nouveaux innovateurs. Ce graphique montre une des estimations de l’article d’Aghion et Griffith. Je ne l’explique pas car la technique derrière est assez complexe, mais il donne bien l’idée.

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3. La concurrence sur le marché du capital

Cet aspect commence à rentrer dans les perspectives du débat public, mais malheureusement pas sous un bon jour. La fin du monopole du Livret A touche en effet l’épargne populaire, et n’aura pas réellement d’impact sur la demande de capitaux. La France souffre surtout ici d’un manque d’imagination institutionnelle des offreurs de capitaux. En effet, le nombre de formes de financement de l’innovation aux Etats-Unis est tout simplement énorme, la plus connue étant celle des Venture Capital. Cela consiste pour un prêteur ou un groupe de prêteurs à financer un projet technologique et commercial d’un entrepreneur, souvent dans les hautes technologies, avec une relation très proche de conseil et d’accompagnement, puis à revendre très vite sa participation quand l’entreprise atteint une taille critique. Ils apportent donc à la fois une expérience/expertise et des fonds importants rapidement à l’entrepreneur. Cela existe évidemment aussi en France, mais de manière beaucoup moins développée, ce qui a un impact direct en terme de dépenses en R&D. Ce tableau, issu d’un travail de Laura Bottazi et Marco Da Rin à l’échelle européenne, montre que ce constat est à metter au compte de l’ampleur limitée des projets plus que de leur nombre. Le marchés de capitaux ne sont pas assez "profonds" pourrait-on dire.

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De manière plus générale, les références qui montrent que les marchés financiers sont trop frileux en France et plus généralement en Europe sont encore assez rares. Cet aspect reste encore peu exploré, même dans la littérature scientifique.

4. L’enseignement supérieur

Mon dernier point est consacré à la première réforme du gouvernement. Les universités ont un impact majeur car elles forment les innovateurs de demain. Je me borne au constat : contrairement à ce que l’on pourrait croire, la France a un retard dramatique sur le nombre de diplômés du supérieur. Ce tableau montre qu’en 1998, il n’y avait que 15 % des 25-30 ans qui a au moins une licence, c’est-à-dire moins que la moyenne de l’OCDE ! L’INSEE donne des chiffres plus récents pour la France, où seulement 23 % des filles et 18 % des garçons de 25 à 34 ans ont un diplôme Bac+2 ou au delà. C’est encore en deça des pays comparables.

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L’objectif annoncé de "conduire 50% de la jeunesse à un diplômés de l’enseignement supérieur" est donc très ambitieux, mais pas impossible s’il entend par là 50% d’une classe d’âge à au moins Bac+2 dans toutes les filières possibles : CPGE, DUT, IUT... qui progressent actuellement plus que la seule université. La France dépense un peu plus de 9000 US$ par ans par étudiant, contre 10500 en moyenne de l’OCDE. L’idée de mettre davantage de moyens (5 Milliards d’euros) est aussi positif, encore faut-il mieux le gérer, ce qui est un problème majeur. Un autre élément remarquable quand on regarde ce tableau est qu’il existe surtout un retard majeur chez les générations plus anciennes. En fait, la France rattrape un déséquilibre spectaculaire dans le supérieur par rapport aux autres pays développés. Une des solutions pour la croissance consiste donc à permettre aux salariés d’accéder à une formation supérieure tout au long de la vie en améliorant le système de formation continue, sujet qui n’a été évoqué par personne alors qu’il s’agit d’un des postes budgétaires importants les plus mal gérés du pays.

Mais ce n’est pas l’objectif qui me semble le plus crucial dans une économie de l’innovation, où le nombre de chercheurs, qui découvrent de nouveaux produits ou nouveaux procédés, compte plus ou autant que le nombre de personnes capables d’appliquer ces innovation. En cela, l’attention portée à la sélection en Master n’est pas une mauvaise chose si elle s’accompagne d’une réforme importante du monde de la recherche, comme le recrutement (des débats autour de ce problème ont animé de belles discussions chez Gizmo et Olivier Bouba-Olga).

Conclusion

Certains des leviers vers la croissance ont été identifiés, même s’il faut attendre la mise en oeuvre pratique pour en connaître les fruits. D’autres sont complètement ignorés, alors que le politique aurait un rôle à jouer, en particulier quant à la concurrence. Encore faudrait-il que le gouvernement actuel soit réellement "libéral", ce dont je doute fortement. Enfin, il me faut conclure sur cette antienne reprise à gauche comme à droite pour justifier absolument toutes les politiques de relance. C’est l’affirmation que la "confiance" serait la clé de la croissance. Quoiqu’on fasse, qu’on baisse les impôts des plus riches ou bien les cotisations sur les bas salaires, l’argument revient à dire que le retour de la confiance amène la croissance. Je reste perplexe devant cet argument, qui repose sur un keynésiannisme mal digéré. D’un côté, cela se défend empiriquement car les prévisionnistes considèrent généralement que les sondages sur la confiance des ménages sont un plutôt bon indicateur de la croissance future, mais en étant incapable de donner le sens de la causalité (est-ce la croissance qui crée la confiance, ou l’inverse ?). D’un autre, il est certain que même si cela fonctionnait selon les principes de la relance de court terme, il n’y a aucune raison que cela ait un impact à long terme, qui est, comme je l’ai montré dans la première partie le critère principal de la réussite d’une politique générale.


 
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Notes

[1] Allez jeter un coup d’oeil à son site, il est absolument surréaliste.

Sources iconographiques

  • Document (15 juillet 2007, JPG, 46.3 ko).
  • Document (15 juillet 2007, JPG, 41.3 ko).
  • Document (15 juillet 2007, JPG, 70.6 ko).
  • Document (15 juillet 2007, JPG, 38.7 ko).

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12 Messages de forum

  • "Le point de croissance qui nous manque"

    23 juillet 2007 14:17, par Antoine Belgodere
    billet intéressant. Le point qui me convainc le moins concerne le taux d’accès à un diplome du supérieur. Si ça passe par la création de nouveaux diplomes de moins bonnes qualité que les diplomes de moins bonne qualité actuellement, ça aura peu d’impact sur la productivité des nouveaux formés, et ça les contraindra à perdre deux ans pour suivre ces formations qui seront un nouveau signal sur le marché de l’emploi (=> course aux armements). Si, comme c’est à craindre, ça passe par l’abaissement du niveau des diplomes existants, alors ça sera vraisemblablement préjuduciable aux personnes qui ont déjà les diplomes en question, et le problème de la course aux armements se posera également.

    Voir en ligne : optimum

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    • "Le point de croissance qui nous manque" 23 juillet 2007 15:08, par Markss
      C’est tout à fait vrai, il faut faire l’hypothèse qu’une hausse du nombre de diplômés ait un effet substantiel sur le capital humain, ce qui se joue sans doute à un niveau plus micro. Empiriquement, il semble qu’on trouve un lien entre éducation supérieure et "croissance à la frontière technologique" en cross-country (par exemple Vandenbussche, Aghion, Meghir, 2004 (pdf)). Mais il est clair qu’il ne suffira pas d’augmenter bêtement le nombre d’étudiants en Master pour y arriver.

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      • "Le point de croissance qui nous manque" 24 juillet 2007 19:40, par Gizmo
        Aïe pour la note de bas de page ! Mais, je viens faire ici un passing en revers : vous êtes sûr qu’on écrit "en cross-country" ? Pas plutôt "en cross-section" ? Oui, c’est mesquin. Mais c’est vrai qu’entre la natation et vélo, il ne manque plus que la course à pied pour faire un triathlon...

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        • "Le point de croissance qui nous manque" 24 juillet 2007 21:04, par Markss

          Aïe aïe, vous êtes incorrigible ! Et moi qui essaye d’écrire des articles sérieux... Pour la peine, le prochain reviendra aux exercices du "petite chimie économie amusante" !

          Je n’ai pas réussi à faire tourner Googlefight, mais si on regarde sur google "cross-country economics" on a 1 800 000 réponses contre 1 950 000 avec "cross-section economics". Les deux s’utilisent visiblement, quoique le mieux serait de trouver un beau mot français pour le dire (qu’en pensent vos collègues québecois ?). Mais je suis beau joueur, je vous laisse le point, et je mets ça sur le compte de mon besoin de campagne.

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  • Hum globalement j’adhère au constat même si tu fait bien de préciser à la fin qu’il faudra une bonne dose de libéralisme pour aller chercher ce point. Chose d’ores et déjà avortée dans ton introdctuoin puisque c’est l’Etat qui va chercher le point...

    Je souhaiterai apporter toutefois une petite chose. Ce fameux point de croissance est clairement fixé comme but car 3% de croissance est la barrière connue comme étant "sensible" au niveau des citoyens, hausse du pouvoir d’achat ou accroissement global du niveau de vie. Et surtout sur le chômage. En dessous, on peut toujours courir...

    Voir en ligne : http://careagit.blogspot.com

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    • "Le point de croissance qui nous manque" 24 juillet 2007 10:22, par Markss

      Juste une petite remarque : il y a une case "nom ou pseudonyme" en dessous de là où on commente, ça permet d’identifier directement l’interlocuteur (le site internet est moins visible avec notre graphisme des commentaires).

      Sinon, je parle ici des leviers politiques de la croissance. Il est donc évident que l’Etat a un rôle à jouer, ne serait-ce que pour rétablir une concurrence sur des marchés trop ou mal régulés, comme celui du commerce de grande surface. Sur les 3% comme symbole, je suis assez d’accord, ça n’a pas grand sens, mais c’est toujours comme ça, on se focalise sur un chiffre entier, c’est comme les prix à 9,95 euros. Ce n’est pas très gênant non plus.

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      • "Le point de croissance qui nous manque" 24 juillet 2007 10:55, par Markss
        Ah j’oubliais, je voulais mettre en lien ce petit texte très intéressant de Krugman qui explique comment l’imposition d’un standard en France avait permis une concurrence sur le marché du haut-débit et une baisse des prix importante, d’où des taux records d’ADSL, alors que les Etats-Unis ont gardé leurs cartels, et ont une qualité de service bien moins bonne : "the real French bureaucrats used judicious regulation to promote competition".

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  • "Le point de croissance qui nous manque"

    24 juillet 2007 11:08, par Gizmo
    J’ai beaucoup aimé la note de page. Je sais, c’est un peu court comme commentaire, mais en même temps, c’est les vacances...

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    • "Le point de croissance qui nous manque" 24 juillet 2007 12:24, par Markss
      Tellement court que vous en oubliez des mots.. "Note de bas de page", j’imagine. Bonnes vacances à vous, mais malheureusement, ça n’est pas pour tout le monde les vacances, y en a qui rament sur leur mémoire avec un modèle qui n’a pas l’air de vouloir se laisser apprivoiser...

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  • "Le point de croissance qui nous manque"

    9 août 2007 13:01, par frednetick

    Une question rarement abordée dans les commentaires plus ou moins redondants sur le manque de diplômés de l’enseignement secondaire :

    Pourquoi n’évoque t-on jamais le niveau des diplômes ? J’ai souvenir d’articles de profs US de littérature expliquant avec stupeur que ses élèves de n’avaient jamais entendu parlé de Pablo Néruda.. Ils étaient en seconde année de fac..

    Etre diplômé c’est bien beau mais ça ne prouve rien.

    Petite réflexion en passant...

    Voir en ligne : Frednetick

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    • "Le point de croissance qui nous manque" 9 août 2007 16:21, par Markss

      Merci pour cette petite réflexion, mais ne vous inquiétez pas, c’est un sujet souvent évoqué, et il n’est pas sûr que ce soit à l’avantage de la France. Dans la série des anecdotes entendues, on m’a dit que dans une classe de L2 en lettres, moins de la moitié des élèves étaient capables de citer trois romans de Zola.

      Plus sérieusement, il faudrait en effet être en mesure de comparer les niveaux des diplômes mais c’est très difficile, même au sein d’un pays donné : Grandes Ecoles et fac en France, deux types de Colleges aux US, etc. Assimiler tout ça n’est pas toujours rigoureux, mais il est parfois difficile de faire autrement, car les enquêtes demandent plus souvent le nombre d’années dans le supérieur que le parcours précis.

      Dans les comparaisons entre pays, c’est encore pire, on ne connaît effectivement pas le niveau relatif des diplômes, mais je crois que les US ne sont pas en retard sur ce plan là. Rien qu’au niveau des dépenses par étudiant, la différence significative a un impact sur le niveau et les motivations des étudiants et des enseignants. L’enquête PISA de l’OCDE, qui a mis en place un test international normalisé au niveau lycée (très imparfait et critiquable, mais permet une comparaison quand même) donne un résultat moyen (en "compréhension de l’écrit" et en sciences) pour la France et les US, qui sont à peu près au même niveau. Il faut donc être pragmatique quand on veut faire des comparaisons quantitatives, on ne peut pas toujours aller au niveau aussi fin qu’on le souhaite.

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  • "Le point de croissance qui nous manque"

    19 août 2007 08:42, par Alexandre Bertin

    Très bon article. Cependant, je ne suis pas d’accord avec ta phrase d’accroche, la croissance ne va pas de soi pour tout le monde !

    Que fais-tu de la littérature sur la décroissance, la croissance nulle ou la décroissance soutenable ? Je ne dis pas que je suis entièrement d’accord avec ces théories (loin de là) mais elles méritent toutefois une audience un peu plus large,en toute impartialité.

    Pour rééquilibrer le débat, je propose un lien vers la page personnelle de J.M. Harribey, s’il n’est pas un théoricien de la décroissance, il n’en reste pas moins qu’il en a cerné les enjeux avec beaucoup de clarté. Un petit tour du cote de son blog ne ferait de mal à personne.

    http://harribey.u-bordeaux4.fr/

    bon ben voilà, c’était mon commentaire...

    Voir en ligne : Alexandre Bertin

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